Langue :
Se connecter  |  

Comment le métier de location longue durée se mue en plate-forme de mobilité

Comment le métier de location longue durée se mue en plate-forme de mobilité

Les spécialistes de la location longue durée s'adaptent aux nouveaux usages de consommation.
ALD, filiale de la Société Générale, veut fournir aux entreprises des services associant plusieurs modes de transport.

Surtout ne leur parlez pas de voiture. « C'est le symbole de la liberté mais les individus et de plus en plus d'entreprises souhaitent autre chose. La congestion des parkings et des centres-villes poussent à penser autrement : la voiture n'est plus au centre des préoccupations car le temps de transport porte à porte prime. Nous ne devons plus parler de location longue durée mais de mobilité ! » professe Carel Bal, directeur d' ALD Automotive aux Pays-Bas et au Benelux, à l'occasion d'une conférence dans le centre de mobilité du groupe à Amsterdam. Situé à proximité de l'aéroport de cette ville où le vélo est roi, cet espace d'exposition dédié à l'innovation ne contient de fait que quelques voitures sur son parking. Des « hoverboards », vélos électriques, scooters et autres trottinettes de nouvelle génération - estampillés du logo rouge et noir de la Société Générale - trônent en revanche fièrement sous les projecteurs.

Dans le groupe de location longue durée (LDD), les pratiques de sa filiale néerlandaise font figure de cas d'école. Face à la déferlante de nouveaux usages, (l'auto-partage, le covoiturage, l'usage de vélos en libre-service...) et à la saturation du marché de la location longue durée aux Pays-Bas, celle-ci a changé d'optique il y a deux ans. Rompant avec le traditionnel contrat de leasing noué pour chaque véhicule sur plusieurs années, ALD Automotive a initié une facturation unique par salarié pour un minimum de trois mois qui donne accès à une sélection de véhicules neufs ou d'occasion. «  Nous créons ainsi une flotte qui peut être partagée entre les salariés d'une même entreprise mais aussi entre plusieurs entreprises. Plus il y a de participants, plus le coût par salarié baisse », explique Carel Bal.

Ce n'est pas tout. En 2015, une autre plate-forme a été lancée aux Pays-Bas afin d'élargir les options pour les entreprises qui ne plébiscitent pas la voiture. Baptisée « ALD Free », celle-ci agrège des services de transport en commun, de parking, une flotte de véhicules et une autre de vélos électriques. « L'employeur alloue un budget mensuel à ses salariés qu'ils peuvent utiliser sur la plate-forme via ces différents moyens de transport », explique Carel Bal. L'outil reste pour l'instant confidentiel : il compte trois entreprises clientes, chacune pour près de 150 salariés.

Des innovations stratégiques

Ces innovations sont néanmoins stratégiques pour le groupe qui entend défendre ses positions face aux start-up et aux constructeurs automobiles, qui se positionnent aussi comme des chefs d'orchestre de la mobilité en entreprise. Toutes ne pourront toutefois pas s'internationaliser à la même cadence. « Les marchés évoluent à des rythmes différents. Certains voient des usages émerger plus rapidement que d'autres. Par ailleurs, notre capacité à rassembler des partenaires sur nos plates-formes n'est pas la même dans toutes les géographies », rappelle John Saffrett, directeur des ressources d'ALD Automotive.

En 2017, le groupe veut commencer à déployer dans tous ses principaux marchés les services innovants qui ont essaimé dans ses filiales européennes. L'auto-partage développé par ses équipes en Italie, les solutions de communication avec les véhicules à distance (télématique) d'ALD au Royaume-Uni ou encore le principe de flottes de véhicules à la carte pour plusieurs entreprises conçus aux Pays-Bas sont au coeur de ses priorités.

Sharon Wajsbrot, Les Echos

Source: LesEchos.fr